Le Cri
Le Cri, peint en 1893 et décliné en plusieurs versions à la tempera et en pastel, naît d'une expérience autobiographique : Munch raconte dans son journal avoir vu le ciel se transformer en « sang et langue de feu » au coucher du soleil sur le fjord d'Oslo, et avoir ressenti un « cri infini traversant la nature ». La figure spectrale, décharnée et asexuée, semble fondre avec le paysage tourbillonnant en ondulations de couleurs qui amplifient et propagent le cri intérieur vers le cosmos entier.
Ses deux compagnons, indifférents en arrière-plan, accentuent la solitude de l'angoisse. L'œuvre est devenue l'icône absolue de l'anxiété moderne et de l'expressionnisme, largement inspirée des théories de Freud sur l'inconscient et reprise en de nombreuses parodies culturelles.