-500 — 1900 · Mouvement

Art africain

Art africain

Avec une histoire artistique qui remonte au moins à 500 avant J.-C. et une diversité géographique, culturelle et formelle qui défie toute synthèse simple, l'art africain constitue l'une des grandes traditions créatives mondiales, longtemps sous-estimée par un regard occidental qui le réduisait à l'étiquette condescendante d'« art primitif ». Les terres cuites Nok du Nigeria central, datées d'entre 500 av. J.-C. et 200 apr.

J.-C., révèlent dès les origines une maîtrise de la modélisation figurative d'une étonnante sophistication : têtes grandeur nature aux yeux en amande, bouches entrouvertes, coiffures complexes. Les bronzes du royaume du Bénin — produits par la technique de la cire perdue depuis le XIIIe siècle par des dynasties de bronziers héréditaires au service du roi Oba — constituent l'un des sommets absolus de la métallurgie mondiale : plaques narratives, têtes commémoratives, figures d'ivoire d'une précision et d'un luxe qui stupéfient les officiers britanniques lors du raid colonial de 1897. La sculpture sur bois des masques rituels — masques fang du Gabon aux lignes médianes d'une géométrie saisissante, masques dogon du Mali aux superpositions de visages et de croix de Lorraine, masques baoulé de Côte d'Ivoire aux visages d'une grâce sereine — n'est pas un simple objet décoratif mais un support de communication entre le monde des vivants et celui des ancêtres et des esprits, portée lors de cérémonies d'initiation, de funérailles, de rites agricoles.

Les textiles kente ashanti du Ghana, tissés en bandelettes de soie colorée aux motifs géométriques complexes, constituent un langage politique et identitaire dont chaque motif a un nom et une signification. Quand les avant-gardes européennes — Picasso, Derain, Matisse, les expressionnistes — découvrent les masques africains dans les réserves du Trocadéro ou dans les marchés coloniaux autour de 1905-1907, c'est un choc qui remet en question les fondements mêmes de la représentation occidentale et ouvre la voie au Cubisme. Reconnu aujourd'hui dans les grands musées du monde et objet de restitutions progressives, l'art africain occupe enfin la place centrale qu'il n'aurait jamais dû quitter.