Théodore Géricault

Théodore Géricault

1791 — 1824 · Rouen, France

Théodore Géricault naît à Rouen en 1791 dans une famille bourgeoise aisée. Formé à Paris dans les ateliers de Carle Vernet puis de Pierre-Narcisse Guérin, il manifeste dès ses premières œuvres une fascination pour les chevaux et les soldats, sujets qu'il traite avec une énergie et une vérité qui tranchent avec l'idéalisme statuaire du néoclassicisme davidien. L'Officier de chasseurs à cheval chargeant (1812) et Le Cuirassier blessé (1814), exposés aux Salons de la période napoléonienne, révèlent un peintre qui cherche à capturer le mouvement, la violence et la dignité humaine dans l'effort sans le filtre de l'idéalisation.

Son chef-d'œuvre, Le Radeau de la Méduse (1818-1819), immense toile de plus de sept mètres réalisée après une enquête minutieuse sur le naufrage réel de la frégate Méduse en 1816 — scandale qui éclabousse le gouvernement royal —, est à la fois un tableau d'histoire d'une composition bouleversante héritée de Michel-Ange et une dénonciation politique implicite. Lors de son séjour à Londres (1820-1821), il découvre la peinture de Constable et s'enthousiasme pour les courses de chevaux, produisant une série de lithographies et une toile célébrissime — Le Derby d'Epsom — d'un dynamisme cinétique révolutionnaire. De retour en France, il peint à la Salpêtrière ses portraits de fous, dix œuvres d'une humanité et d'une empathie saisissantes, sans jugement ni hiérarchie morale.

Mort à trente-deux ans des suites d'une chute de cheval, il laisse une œuvre fulgurante qui inspire directement Delacroix et Courbet.