Paul Jackson Pollock naît en 1912 à Cody, dans le Wyoming, et grandit dans l'Ouest américain dans une famille modeste. Il s'installe à New York en 1930 pour étudier auprès du régionaliste Thomas Hart Benton à l'Art Students League, mais c'est la découverte des muralistes mexicains — Orozco, Rivera, Siqueiros — et du surréalisme automatique qui lui révèle la puissance du geste inconscient. Suivi par la psychanalyste Jungienne pour ses problèmes d'alcoolisme, il assimile la notion d'inconscient collectif qui nourrit ses premières toiles symboliques.
En 1947, vivant à Springs (Long Island) avec la peintre Lee Krasner, il opère la révolution décisive : abandonnant la position verticale, il pose la toile au sol et se déplace autour d'elle, faisant couler et projeter la peinture avec des bâtons, des couteaux et des seringues — la technique du dripping. Ces « peintures d'action », où le mouvement du corps de l'artiste s'inscrit directement dans la toile sous forme de lacis de coulures et de giclures enchevêtrées, imposent le geste, le temps et l'espace physique comme sujets réels de l'œuvre. Number 1 (Lavender Mist), Autumn Rhythm, Blue Poles comptent parmi ses chef-d'œuvres.
Portraiturer par Hans Namuth en 1950, le film révèle au monde la gestuelle de sa danse autour de la toile. Sa mort en 1956 dans un accident de voiture, alcoolisé, à quarante-quatre ans, l'élève au rang de mythe de l'art américain.