Arnold Böcklin naît en 1827 à Bâle dans une famille de marchands suisses-alémaniques et devient l'un des grands maîtres du symbolisme européen, à mi-chemin entre la tradition classique méditerranéenne et l'imaginaire fantastique germanique. Formé à l'Académie de Düsseldorf entre 1845 et 1847, il voyage en Belgique, en France et surtout en Italie où il s'installe pour la première fois en 1850 — Rome, Naples et Florence deviendront ses lieux d'élection pour l'essentiel de sa carrière. Son passage à Munich (1858-1860) lui vaut son premier succès et la reconnaissance critique avec Pan effrayant un berger (1860).
Mais c'est en Italie qu'il développe son langage personnel : créatures mythologiques (centaures, naïades, sirènes, tritons) baignées dans une lumière méditerranéenne dorée, paysages habités de présences spectrales, scènes funèbres traversées d'une mélancolie cosmique. L'Île des morts (1880-86), dont il peint cinq versions, est l'œuvre la plus emblématique du symbolisme européen, image-archétype de la mort romantique qui obsédera Lénine, Freud, Hitler, Strindberg, Hindemith et Rachmaninov (qui en compose un poème symphonique). Sa Centauromachie (1873), Le Combat des centaures, La Mer agitée et Triton et Néréide témoignent de son érotisme païen virtuose.
Mort à San Domenico près de Florence en 1901, il influence directement de Chirico, les surréalistes et toute la peinture métaphysique italienne du XXᵉ siècle.