Le Visage de la guerre
Le Visage de la guerre de Salvador Dalí, peint en 1940-1941 lors d'un bref séjour en Californie alors que l'artiste fuit l'Europe en guerre, est l'une de ses réponses les plus directes à la violence politique du XXᵉ siècle. Dans un paysage désertique aride et hostile, une tête désincarnée flotte en suspension : un visage cadavérique aux traits creusés et à l'expression de souffrance, dont chaque cavité — bouche grande ouverte, deux orbites vides — abrite à son tour un crâne identique.
Et à l'intérieur de ces crânes secondaires, d'autres bouches béantes et d'autres orbites contenant des crânes encore plus petits, dans une mise en abyme infinie de la mort. Autour de la tête, des serpents s'enroulent et menacent de mordre.
En bas à droite, l'empreinte d'une main que Dalí affirma être la sienne signe le tableau d'une marque organique. Peint entre la guerre civile espagnole achevée et l'embrasement de l'Europe, Le Visage de la guerre condense l'iconographie d'une cruauté universelle.
Acquis par le Museum Boijmans Van Beuningen, il y demeure depuis 1967.