Saint Georges et le Dragon
Saint Georges et le Dragon de Raphaël, peint vers 1505-1506 alors qu'il quitte Pérouse pour Florence, est un petit chef-d'œuvre de cabinet d'à peine 28 centimètres de haut, peint pour la cour d'Urbino — probablement pour Guidobaldo da Montefeltro qui en fait don au roi Henri VII d'Angleterre en remerciement de son intronisation à l'Ordre de la Jarretière. Le saint chevalier en armure d'argent, monté sur un destrier blanc bondissant, transperce de sa lance le dragon vert au sol pendant que la princesse de Silène, sauvée du sacrifice, prie agenouillée à l'arrière-plan.
La précision miniaturiste de chaque détail — les ferrures d'armure, les fleurs du pré, le treillage du paysage —, le mouvement explosif de la lance brisée et la palette rutilante font de l'œuvre l'un des sommets de la première période de Raphaël. Acquise par Catherine II de Russie en 1772, conservée à l'Ermitage jusqu'en 1931, vendue à Andrew Mellon par le gouvernement soviétique, l'œuvre rejoint le NGA dès sa fondation en 1937.