Jarre lunaire en porcelaine blanche (Dalhangari)
Les *dalhangari* — littéralement « jarres-lune » — sont l'expression la plus pure et la plus singulière de la porcelaine coréenne du XVIIIᵉ siècle. Façonnées en deux hémisphères tournés séparément puis assemblés à mi-hauteur, ces grandes jarres présentent une silhouette presque sphérique, jamais totalement régulière, dont le léger gauchissement et la couture visible sont assumés comme la part de hasard et de souffle propre au geste artisanal. La porcelaine, d'un blanc tendre tirant vers l'ivoire, ne porte aucun décor. Cette absence revendiquée — qui rejoint l'idéal confucéen de la pureté et de la modestie sous Yeongjo et Jeongjo — fait de la jarre lunaire un des objets les plus admirés de l'art coréen, célébré tant par les céramistes occidentaux comme Bernard Leach que par les peintres modernes Kim Whan-ki et les monochromistes Dansaekhwa.