Femme égorgée

Femme égorgée

Technique Bronze (fonte de 1940)
Dimensions 23,2 × 89,1 × 60 cm
Localisation Peggy Guggenheim Collection, Venise
Mouvement Art moderne Surréalisme

Femme égorgée, conçue en plâtre par Alberto Giacometti en 1932 et coulée en bronze en 1940 dans le premier des six exemplaires destiné à Peggy Guggenheim, est l'une des sculptures les plus radicales du surréalisme. Posée au sol, elle figure un corps féminin disloqué, à mi-chemin entre insecte, squelette et machine de torture : pattes araignéennes, abdomen creusé, gorge ouverte d'un long cou cassé, bras allongés terminés par des extrémités griffues.

Loin de toute représentation classique du féminin, Giacometti — alors proche de Breton et de Bataille — explore les pulsions inconscientes d'agression érotique théorisées par la psychanalyse, dans une tension entre violence sexuelle, mort et géométrie organique. La sculpture est conçue pour être posée à même le sol, sans piédestal, au point que l'on bute presque dessus en marchant.

Cette horizontalité radicale et la dissolution du corps féminin en un piège mécanique en font l'une des inventions formelles les plus durables de l'art du XXe siècle, qui marquera Louise Bourgeois et toute la sculpture post-surréaliste.