Umberto Boccioni naît en 1882 à Reggio de Calabre et grandit entre la Sicile, la Gênes et Rome, où il découvre la peinture dans l'atelier du divisionniste Giacomo Balla. Installé à Milan en 1907, il s'imprègne de l'énergie de la capitale industrielle italienne et rencontre Marinetti, dont le Manifeste futuriste de 1909 cristallise ses propres aspirations. Théoricien autant que praticien, il est le vrai architecte intellectuel du futurisme visuel : co-signataire du Manifeste des peintres futuristes (1910), auteur du Manifeste technique de la peinture futuriste et du Manifeste technique de la sculpture futuriste (1912), il formule avec une précision presque philosophique les principes d'une représentation du mouvement, de la vitesse et de la simultanéité des états d'âme.
Sa peinture capture le dynamisme de la ville moderne — La Città che sale (1910-1911), toile monumentale d'une énergie tourbillonnante — et les émotions intérieures dans leur flux temporel — les États d'âme (1911), en trois parties. Sa sculpture Formes uniques de la continuité dans l'espace (1913), bronze d'un corps en marche aux masses musculaires désintégrées par la vitesse, est l'icône absolue du futurisme, présente sur la pièce de monnaie italienne de vingt centimes d'euro. Engagé volontaire à la guerre qu'il célébrait comme seule « hygiène du monde », il meurt accidentellement lors d'un exercice de cavalerie en 1916, à seulement trente-trois ans.