John William Waterhouse naît en 1849 à Rome de parents anglais tous deux peintres, dans un environnement artistique qui détermine précocement sa vocation. La famille rentre en Angleterre quand il est encore enfant, et il entre à la Royal Academy Schools en 1870. Ses premières œuvres, influencées par le peintre classique Alma-Tadema, représentent des scènes de la vie antique avec une précision archéologique.
Mais à partir de 1888, avec La Dame de Shalott — figure de la tragédie arthurienne enchaînée à son métier à tisser, avançant vers la mort dans une barque ornée de fleurs —, il trouve sa voix propre et s'inscrit dans la mouvance de la deuxième génération préraphaélite. Son art s'éloigne de la rigueur symbolique et morale de Hunt pour cultiver une atmosphère de rêverie nostalgique et de mélancolie féminine héritée du Symbolisme européen. Ses sujets favoris puisent dans la mythologie grecque, la légende arthurienne et la poésie de Tennyson, Keats et Shelley : Circé offrant la coupe à Ulysse (1891), Hylas et les nymphes (1896), Echo et Narcisse (1903), Pandore (1896), Ophélie (plusieurs versions).
Ses figures féminines — sensuelles, mélancoliques, dangereuses ou désespérées — sont peintes avec une maîtrise technique remarquable et une luminosité qui rappelle les impressionnistes tout en restant ancrée dans la tradition narrative victorienne. Il devient l'un des peintres académiques les plus populaires de son temps, membre de la Royal Academy, et son œuvre marque élégamment la transition entre le préraphaélisme et l'Art nouveau. Il meurt à Londres en 1917.