Jean-Auguste-Dominique Ingres

Jean-Auguste-Dominique Ingres

1780 — 1867 · Montauban, France

Jean-Auguste-Dominique Ingres naît en 1780 à Montauban dans une famille d'artistes — son père est peintre, sculpteur et musicien. Formé à l'Académie de Toulouse puis à Paris dans l'atelier de Jacques-Louis David, dès lequel il se distingue comme dessinateur exceptionnel, il remporte en 1801 le Grand Prix de Rome et part en Italie, où il séjourne en tout dix-huit ans. L'Italie, et surtout Rome et Florence, nourrissent son admiration absolue pour Raphaël et les primitifs italiens, dont il fait la boussole de toute son esthétique.

Pour Ingres, le dessin est « la probité de l'art » : la ligne pure, continue, modulée par la pression du crayon sur le papier, prime sur la couleur et le modelé. Cette conviction l'oppose frontalement à Delacroix et au romantisme coloriste dans la grande querelle esthétique du XIXe siècle, qui divise le monde artistique parisien en deux camps irréconciliables. Ses portraits au crayon, exécutés à Rome pour subsister, sont parmi les œuvres graphiques les plus parfaites de l'histoire de l'art occidental.

Ses grands nus féminins — La Grande Odalisque (1814), La Baigneuse de Valpinçon (1808), Le Bain turc (1862, achevé à quatre-vingt-deux ans) — introduisent dans l'idéalisme classique une sensualité distanciée et une déformation délibérée des proportions anatomiques — le dos de la Grande Odalisque comporte trois vertèbres de trop — qui anticipe étrangement la modernité. Directeur de l'Académie de France à Rome puis président de l'École des beaux-arts de Paris, il forme plusieurs générations d'artistes. Degas, Matisse, Picasso et même les photographes pictorialistes le reconnaissent comme un précurseur.

Il meurt à Paris en 1867.