Emily Carr

Emily Carr

1871 — 1945 · Victoria, Colombie-Britannique, Canada

Emily Carr naît en 1871 à Victoria, capitale de la jeune province de Colombie-Britannique, et devient l'une des grandes voix de l'art canadien moderne et l'une des premières femmes peintres à atteindre une reconnaissance nationale. Formée à San Francisco, à Londres puis à Paris (1910-1911) où elle assimile le fauvisme et le post-impressionnisme dans l'atelier de Frances Hodgkins et au Salon d'Automne, elle décide à son retour de se consacrer à la documentation visuelle des villages et des arts monumentaux des Premières Nations de la côte Pacifique — Haïdas, Kwakwaka'wakws, Tsimshians, Salish — alors menacés de disparition par la colonisation et l'évangélisation. À partir de 1912, elle entreprend de longs voyages dans des villages reculés, peignant totems sculptés, maisons cérémonielles et paysages forestiers d'une luxuriance qu'elle découvre en parallèle.

Découragée par l'indifférence de Vancouver à son égard, elle abandonne presque la peinture pendant quinze ans pour tenir une pension de famille. Sa rencontre en 1927 à Toronto avec le Group of Seven — Lawren Harris l'encourage particulièrement — la relance dans une seconde carrière éblouissante. Indian Church (1929), Big Raven (1931), Forest, British Columbia (1931-32), Above the Gravel Pit (1937) et la série tardive des paysages forestiers tourbillonnants, où ciel et arbres se fondent en mouvements ondulatoires, constituent l'une des œuvres les plus originales et les plus spirituelles de tout l'art canadien.

Elle est aussi écrivaine majeure, publiant Klee Wyck (1941) qui lui vaut le Prix du Gouverneur général.