Alfred Sisley, né de parents anglais à Paris en 1839, est le paysagiste le plus pur et le plus constant du groupe impressionniste. Envoyé à Londres pour y apprendre le commerce, il découvre Turner et Constable et décide de se consacrer à la peinture. De retour à Paris, il entre dans l'atelier de Charles Gleyre où il se lie d'amitié avec Monet, Renoir et Bazille, formant le noyau de la future révolution impressionniste.
Contrairement à Monet qui explore la figure et la série, Sisley se consacre presque exclusivement au paysage de plein air, avec une fidélité absolue à cet unique sujet. Les bords de Seine à Argenteuil, les ciels changeants et lumineux de l'Île-de-France, les berges de la Tamise lors de ses séjours anglais, les inondations de Port-Marly (1876) — chef-d'œuvre de la série — : son œuvre forme un poème lyrique de la lumière naturelle et des eaux miroitantes. Sa touche légère et aérienne, sa gamme délicate de blancs, de gris et de bleus pâles lui confèrent une sensibilité atmosphérique remarquable, proche de celle de Corot mais vibrante d'énergie impressionniste.
Longtemps sous-estimé, relégué au second plan derrière Monet et Renoir et mort dans la pauvreté en 1899, il est aujourd'hui reconnu comme l'un des interprètes les plus fidèles et les plus cohérents de l'idéal impressionniste.