Xu Beihong est considéré comme le père de la peinture chinoise moderne et le grand réformateur de l'art national au XXe siècle. Né en 1895 à Yixing dans une famille modeste, il montre des dons précoces et se forme seul avant de gagner Shanghai puis Pékin, où il attire l'attention de personnalités influentes. Une bourse l'envoie en Europe : il étudie à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris de 1919 à 1927, apprenant le dessin académique, l'anatomie figurative et la peinture à l'huile aux côtés des élèves occidentaux.
Convaincu que la peinture chinoise doit se régénérer en intégrant les acquis techniques européens, il consacre sa vie à cette synthèse. Ses peintures à l'huile — portraits académiques, compositions historiques monumentales comme La Barque de Tianyanhui — témoignent de sa maîtrise du réalisme occidental. Mais c'est dans ses peintures à l'encre qu'il atteint sa pleine originalité : ses chevaux galopants, tracés à l'encre de Chine avec une économie de moyens puissante et une énergie cinétique saisissante, combinant la liberté du pinceau chinois et la solidité anatomique héritée de l'occident, deviennent le symbole de l'esprit de résistance et de liberté nationale.
Directeur puis premier président de l'Académie centrale des beaux-arts de Pékin, il forge l'enseignement artistique de la Chine nouvelle, formant des générations d'artistes tout en défendant un réalisme humaniste aux antipodes du dogmatisme stalinien.