Rogier van der Weyden

Rogier van der Weyden

1399 — 1464 · Tournai, Pays-Bas méridionaux

Rogier de Le Pasture — en flamand Rogier van der Weyden — naît à Tournai vers 1399 et se forme dans l'atelier de Robert Campin, l'un des fondateurs de la peinture flamande avec Jan van Eyck. Vers 1435, il s'installe à Bruxelles, où il est nommé peintre officiel de la ville — une charge sans précédent — et adopte la traduction flamande de son nom. Dans cette position, il reçoit des commandes des ducs de Bourgogne, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, des grandes confréries religieuses et de patriciens italiens — les Médicis, la famille d'Este — qui diffusent ses œuvres dans toute l'Europe.

Sa contribution à la peinture flamande est complémentaire et non concurrente de celle de Van Eyck : là où Van Eyck cherche la perfection du détail et la lumière comme phénomène naturel, Rogier s'intéresse à l'expression émotionnelle et à la composition narrative. Sa Déposition de croix (vers 1435, Prado), composition de dix figures en larmes dans un format presque en bas-relief doré, est considérée comme l'une des expressions les plus saisissantes de la douleur dans toute la peinture occidentale : les corps se répondent, les gestes s'enchaînent, la Vierge en pâmoison épouse la courbe du corps mort de son fils dans une symétrie bouleversante. Son Polyptyque du Jugement dernier de l'Hôtel-Dieu de Beaune (1445-1450), le Triptyque Bladelin et ses nombreux portraits de cour témoignent d'une maîtrise absolue de la composition et du récit émotionnel.

Son influence directe sur Memling, Dirk Bouts et Dürer fait de lui l'artiste le plus décisif de la peinture du XVe siècle européen.