Georges Braque naît en 1882 à Argenteuil et grandit au Havre, où son père — lui-même peintre amateur — l'introduit à l'art. Formé à l'École des beaux-arts du Havre puis à Paris, il passe par le fauvisme après avoir découvert les toiles de Matisse et Derain au Salon d'automne de 1905. Mais c'est la grande rétrospective Cézanne de 1907 qui le bouleverse définitivement : il en tire les leçons géométriques jusqu'à leur point de rupture dans ses paysages de l'Estaque (1908), où les volumes sont réduits à des cubes et des cônes, la profondeur spatiale abolie au profit de plans superposés — toiles que Matisse juge comme faites de « petits cubes », donnant involontairement son nom au mouvement.
Sa rencontre avec Picasso en 1907, devant Les Demoiselles d'Avignon encore inachevées, déclenche une collaboration unique dans l'histoire de l'art : pendant cinq ans, les deux artistes travaillent en dialogue si étroit qu'ils peinent parfois eux-mêmes à distinguer leurs toiles. Ensemble, ils développent le cubisme analytique (1908-1911), qui fragmente l'objet en facettes simultanées de différents points de vue, puis le cubisme synthétique (1912-1914), plus coloré et décoratif. C'est Braque qui invente le papier collé en 1912, collant des morceaux de papier imprimé directement sur la toile.
Grièvement blessé à la tête pendant la Première Guerre mondiale — trépané, il reste plusieurs mois entre la vie et la mort —, il reprend la peinture seul, développant une œuvre plus méditative et intime : natures mortes d'atelier aux tonalités harmonieuses, oiseaux en vol devenus son signe distinctif dans les années 1950. Il meurt à Paris en 1963.